10 septembre

Les nuits sont bonnes derrière la meule. Mes démangeaisons ont disparu. Nous sommes reposés et marchons plus facilement. Jacques nous apporte des fruits du village. Nous sommes presque heureux. Le capitaine est très bon pour nous.

La chance est à nous. Peu de pertes pour le moment. Les bois ne sont pas visés ou mal repérés et l’ennemi ne songe pas à notre meule de paille.

Notre artillerie tire énormément et le tir est très bon, dit-on. Les boches répondent avec acharnement.

Gallica-Argonne-ObservÀ 200 mètres devant nous, un homme de la 7e compagnie est observateur sur un arbre et admire, précise, rectifie le tir.

Dans l’après-midi, un lieutenant de l’artillerie coloniale vient au galop vers nous. Le capitaine Rigault est près de nous : ils se reconnaissent, camarades d’école.

Le lieutenant d’artillerie monte à l’arbre près de l’homme de la 7e. Ils sont sans doute vus car un shrapnel* éclate près d’eux. On est dans l’angoisse. Une heure après, l’officier revient la main un peu enveloppée. Tous deux ont été légèrement atteints et sont restés observer.

Le repérage est fait. Il repart au galop vers ses batteries.

À quelques km, nous voyons un clocher de village. Nous entendons des ronronnements d’obus. On voit le clocher recevoir deux obus. Au troisième, il tombe.

CP-Vauclerc1914Peu après, des flammes s’élèvent. Le village doit être Vauclerc.

La nuit tombe à nouveau. Même situation que la veille.

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