11 octobre

Les nuits sont bonnes malgré le froid. Tous les soirs, à la tombée de la nuit, nous a dit le 120, c’est une fusillade incessante de part et d’autre. Les boches tirent et nous leur répondons. En effet, hier soir, c’était à se demander ce qui se passait.

Je vais communiquer au capitaine Aubrun par un petit boyau [1]. Je le trouve assez bien installé dans un gourbi*. Je lui demande de recommander aux hommes de tirer moins. C’est une consommation fantastique de munitions.

À mon retour, il peut être 7 heures, je trouve nos cuisiniers de retour avec Carpentier. Chacun va à la distribution qui est bientôt faite.

On passe sa journée dans le gourbi qu’on emménage. Nous installons un petit foyer qu’on allumera la nuit. Nous pouvons faire un peu de chocolat.

En face de notre petit gourbi, s’en trouve un grand où sont entassés des amis de la liaison. Chacun s’ingénie à faire du feu pour la nuit car il fait froid d’abord et manger chaud est le souhait d’un chacun.

Le capitaine Sénéchal est installé non loin. Souvent, le capitaine Rigault passe et repasse. Il est trop franc et chacun déclare que, s’il continue, il recevra un mauvais coup. Le temps se maintient beau et vers le soir, je descends avec les cuisiniers vers La Harazée comme fourrier* afin de toucher les vivres.

La route se passe bien. Nous arrivons vers 8 heures dans le petit village abandonné. C’est une grande affluence de cuisiniers et caporaux armés de bougies et lanternes. Nous nous installons dans une maison abandonnée. Les voitures de ravitaillement arrivent et je vais chercher nos rations avec René.

Gallica-VoitRavitailJe rencontre Jean Lotthé, sergent à la 11e compagnie, venu avec les cuisiniers. Il va bien et nous nous souhaitons bonne chance.

De là, nous faisons popote* ; nous mangeons chaud et bientôt, près du feu, dans la maison défoncée, nous nous endormons, roulés dans notre couverture.


[1] Boyau : Un boyau est une voie de communication entre deux lignes de tranchées. C’est par les boyaux que « montent » et « descendent » les unités lors des relèves , non sans problèmes, dus à l’étroitesse du boyau qui peut empêcher les files d’hommes de se croiser, et aux ramifications multiples qui font s’égarer les unités.

 

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