23 octobre

Départ pour la cote 211

Encore une nuit délicieuse !

Dans la matinée, nous sommes avertis que nous allons partir l’après-midi prendre position entre Florent et la Placardelle, à la cote 211.

Extrait de la carte d’état-major – Source : Géoportail

Après le repas, je reçois un colis de la maison contenant du linge et des friandises. C’est mon premier colis. Il ne se plaindra pas de ne pas être le bienvenu. À présent, je commence à aimer la vie. J’ai mon sac et ma musette fournis, je suis nippé : pantalon, souliers et molletières* et j’ai de bonnes nouvelles de chez moi. Tout va bien.

Pourtant les nouvelles mettent bien longtemps encore. Ma lettre est datée d’il y a un mois.

L’après-midi se passe à copier et communiquer une avalanche de notes. Nous sommes heureux de partir le soir à 5 heures, car c’est à devenir fou.

Le temps se maintient beau ! Nous partons en tête du bataillon, suivant le commandant à cheval, suivi de Jacques, le maréchal des logis de liaison. Après une pause faite près du parc d’artillerie, nous repartons pour arriver vers 7 heures à la position. C’est la cote 211, c’est la cote où le vaguemestre* nous conseillait de presser le pas parce que les balles sifflaient.

Un bois se trouve à droite et à gauche de la route. La 5e compagnie s’installe au point A ; c’est une position de seconde ligne qui se trouve à proximité du Four de Paris. La 8e compagnie s’installe près de nous dans des gourbis* en B. Nous sommes avec le PC du commandant à la lisière du bois, à droite de la route. Quant à la 6e et la 7e compagnies, elles sont en réserve dans le bois à gauche. (Voir topo Tome IV), couverture.

TopoTIVa

Plan établi par Émile Lobbedey intitulé Topo Tome IV .

Cote211-archives_SHDGR__GR_26_N_340__002__0197__T

Extrait carte J.M.O.* de la 41e D. I. de 1916 (archives_SHDGR__GR_26_N_340__002__0197__T)

J’accompagne la 5e compagnie afin de reconnaître l’emplacement du PC de la compagnie et rentre, il peut être 9 heures, presque à tâtons, au PC du bataillon.

La majeure partie des gourbis sont pris par mes amis. J’en trouve un cependant plus ou moins confortable, que je puis examiner grâce à un bout de bougie.

René le mitrailleur survient. Je l’invite et tous deux nous installons pour la nuit. Il n’a pas l’air de faire bien chaud. Heureux serons-nous s’il ne pleut pas.

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