18 novembre

Nous rentrons au petit jour. À la Harazée, nous avons passé la nuit, allongés au coin du feu, dans une maison ouverte à tous vents. Je m’étais armé d’une couverture qui m’a bien servi.

Je retrouve mon gourbi* et mon charmant compagnon, le lieutenant Delporte. La nuit fut calme à part quelques bombes.

Dans la matinée, de Juniac vient nous dire bonjour. Le brave garçon est pris d’un gros rhume et vient se chauffer un peu. Il est pâle, les traits tirés et dit qu’il va médiocrement. Il n’a pas fini de le dire, qu’il a une faiblesse. On lui donne un peu d’eau-de-vie qui le fait revenir à lui. Je cours avertir le capitaine Sénéchal. Celui-ci donne ordre à notre ami d’aller se reposer le reste du séjour à la Harazée.

Forcé de s’incliner, le courageux adjudant ne part qu’à regret. Gallois, plus ancien et de grade plus élevé, le remplace.

L’après-midi, nous recevons des carrés grillagés de trois mètres sur trois, destinés à être placés devant les tranchées* afin d’empêcher les bombes d’arriver. Le capitaine Aubrun envoie des corvées* en chercher. Ce n’est pas très pratique à transporter dans les boyaux*. Enfin, ordre est donné de les placer cette nuit.

Le reste du temps libre se passe à aménager le gourbi* sous la direction du lieutenant Delporte qui veut en faire un hôtel confortable.

 


 

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